« Vous jouez du swing ? »
La question tombe presque toujours au même moment de la visio. Après les horaires, avant le budget.
Elle est rarement innocente. Quand quelqu’un demande du swing, c’est qu’il a déjà eu peur. Peur d’un mariage où la playlist part sur autre chose dès le dessert.
Je réponds oui. Mais oui ne veut rien dire tant qu’on n’a pas dit ce qu’on entend par swing.
Ce que je joue vraiment quand on me dit swing
Il y a trois choses différentes derrière ce mot, et les gens ne parlent presque jamais de la même.
Il y a le vrai swing d’orchestre. Count Basie, Glenn Miller, Benny Goodman. Du tempo, des cuivres, de quoi danser en couple si on sait danser en couple.
Il y a le crooner. Sinatra, Dean Martin, Ella Fitzgerald, Nat King Cole. Ça ne fait pas danser grand monde, mais ça installe une salle en quatre minutes.
Et il y a le néo-swing, celui que les gens ont en tête sans savoir le nommer. Caro Emerald, Parov Stelar, Postmodern Jukebox, les reprises électro-swing. C’est celui-là qui remplit une piste aujourd’hui, et de loin.
La plupart du temps, quand on me dit swing, on veut les trois. Dans cet ordre, à des moments différents de la soirée.
Le piège du mariage swing : la deuxième heure
Voilà ce que j’ai vu se produire plus d’une fois avant d’apprendre à l’éviter.
Le couple veut un mariage swing. On le prépare comme ça. Le cocktail est parfait, l’entrée en salle est parfaite, l’ouverture de bal sur du Sinatra est parfaite.
Et puis il est vingt-trois heures trente, il y a quatre-vingts personnes dont vingt qui ont moins de trente ans, et le troisième Glenn Miller d’affilée vide la piste en quatre-vingt-dix secondes.
Le swing n’a pas assez de profondeur pour tenir cinq heures devant un public mélangé. Ce n’est pas un jugement sur le style, c’est une question de catalogue. Il y a un moment où on a joué ce qu’il y avait à jouer.
Donc la vraie question n’est pas « est-ce que vous jouez du swing ». C’est jusqu’à quelle heure, et par quoi on enchaîne.
Ma réponse : le swing porte le début de soirée, jusqu’à la fin du repas et un peu au-delà. Après, on garde la couleur — du funk, de la soul, de la motown, du disco — et on ne fait pas semblant. La bascule ne se voit pas si elle est préparée. Elle s’entend tout de suite si elle ne l’est pas.
C’est le même travail de dosage que sur tout DJ de mariage à Toulouse : garder la salle jusqu’au bout, quel que soit le style de départ.
Trois moments où le swing marche mieux que tout le reste
Le cocktail
C’est là que le swing est imbattable. Les gens arrivent, se cherchent, parlent fort. Il faut un fond qui tienne une heure sans lasser et sans couvrir les voix.
Du crooner, du jazz vocal, un peu de bossa vers la fin. Personne ne remarque la musique, et c’est exactement le but. On la remarque quand elle s’arrête.
L’entrée en salle
Trente secondes qui décident de l’ambiance de la soirée.
Un big band bien choisi, un cuivre qui démarre pile quand la porte s’ouvre, et la salle applaudit avant même d’avoir décidé d’applaudir. C’est un des rares moments où le swing fait mieux que n’importe quoi d’autre, y compris que les morceaux qu’on entend partout.
La fin de repas
Le moment le plus difficile de la soirée, celui dont je parle le plus souvent aux couples. Les gens sont assis depuis trois heures. Certains veulent danser, d’autres veulent finir leur conversation.
Un électro-swing bien placé règle ça. C’est assez familier pour ne braquer personne, assez rythmé pour lever une table.
Le matériel change tout sur du jazz
Le swing est le style le plus exigeant en sonorisation, et presque personne ne le sait.
Une contrebasse, une caisse claire brossée et une section de cuivres, ça se joue dans le bas-médium. C’est la zone qu’une enceinte moyenne écrase en premier. Sur du hit actuel compressé au maximum, une enceinte moyenne s’entend mal. Sur du Basie, elle s’entend tout de suite : les cuivres deviennent nasillards et la contrebasse disparaît.
C’est aussi le style qui souffre le plus des limiteurs de décibels installés dans les salles autour de Toulouse. Un limiteur coupe sur les pics. Une section de cuivres, c’est un pic toutes les deux mesures.
C’est une des raisons pour lesquelles il y a un technicien avec moi sur les formules Medium et Premium. Pendant que je regarde la salle, il regarde le son. Sur du swing, ça ne se discute pas.
Ce que ça coûte
Les mêmes prix que pour tout le reste, ils sont sur le site et je ne les cache pas.
- Basique, 1 349 €, jusqu’à trente personnes, hors saison.
- Medium, 1 699 €, technicien inclus.
- Premium, 2 349 €, technicien et camion.
Il n’y a pas de supplément swing. Préparer une soirée jazz ne me prend pas plus de temps qu’une autre — ça me prend le même temps, c’est-à-dire plusieurs mois sur un document qu’on remplit à deux.
Où j’interviens
Toulouse et la Haute-Garonne d’abord. Puis le Gers, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, l’Aude, l’Ariège et les Hautes-Pyrénées. Même tarif partout.
On en parle ?
Le plus simple, c’est une visio. Elle est gratuite, elle dure une demi-heure, et à la fin vous saurez si on se comprend sur la musique.
Apportez trois morceaux que vous voulez absolument entendre, et trois que vous ne voulez surtout pas. C’est de là qu’on part.